Thierry Jacques Laurent, « Camus et de Gaulle », préface d’Agnès Spiquel, Paris, L’Harmattan, 2012, coll. « Intelligence stratégique et géostratégie », 96 p.

Thierry Jacques LAURENT, Camus et de Gaulle, préface d’Agnès Spiquel, Paris, L’Harmattan, 2012, coll. « Intelligence stratégique et géostratégie », 96 p.

Thierry Jacques Laurent tente dans un texte de quatre-vingts pages d’esquisser « les rapports idéologiques ou les jugements réciproques » entre ces deux grandes personnalités du XXe siècle. Il revient ainsi sur les relations explicites entre les deux hommes : quelques échos indirects de leurs rencontres (celle du 5 mars 1958, un déjeuner à Matignon non daté, l’important échange de lettres de mars 1959 à propos de l’objection de conscience) et les interventions de Camus en faveur de grâces présidentielles.
T. J. Laurent suit un plan chronologique commençant à la Résistance pour s’achever à la mort de Camus : en est curieusement absent le rôle de de Gaulle à Alger pendant la guerre, sur lequel, même loin d’Alger, Camus avait dû avoir quelques échos par ses ami(e)s engagés dans la Résistance et dans la politique. On reste de même surpris que la vie politique de la IVe République soit réduite à une dizaine de pages principalement centrées sur des allusions à la fin du journal Combat et avec la rupture qu’elle entraîna avec les sympathisants du Général (Pia notamment) et à la proximité de Camus avec Mendès France.
Dans la mesure où l’auteur prend la peine de justifier la parution de son ouvrage dans la collection « Intelligence stratégique et géostratégique », on ne peut que regretter qu’il n’accorde pas une plus grande place au gaullisme et aux études plus ou moins récentes qui lui ont été consacrées, celles déjà anciennes de Jean Touchard ou de Jean Charlot par exemple, de Serge Berstein, des travaux de la Fondation de Gaulle (pourtant nommée dès la première page de l’introduction) ou des mémoires des témoins de cette époque. Il faut reconnaître que T.J. Laurent a tenté de tirer le meilleur parti d’un sujet assez mince, comme il l’avoue lui-même, et surtout encore peu étudié, et qu’il a su résister à la tentation de combler les vides de l’histoire Camus-de Gaulle. Mais il n’en demeure pas moins qu’à l’issue de la lecture du livre, le lecteur reste sur sa faim.

Guy BASSET

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