« De l’importance d’une dictée sur une amitié de 58 ans (à ce jour) » par Yves Ramier

De l’importance d’une dictée sur une amitié de 58 ans (à ce jour)

Un beau texte pour la préparation du BEPC en 1958 en 3°, la suggestion du prof de lire le livre dont il était extrait (La Peste) : c’est ainsi que commence mon aventure dans l’univers camusien par affinité avec la personne et l’œuvre de notre ami à tous et toutes.
Depuis mes 15 ans (j’en aurai bientôt 74), je suis tout ce qui concerne Camus et travaille à promouvoir à ma façon l’œuvre et le nom de Camus. Et ma «rencontre» physique insolite avec Camus dans des circonstances très particulières en Octobre 1959 à Reims, lors de la représentation des Possédés m’a été un choc (J’ai expliqué les guillemets dans un Bulletin SEC)
Et me voici à Lourmarin au cimetière et dans la maison même de Camus, reçu avec ma femme en fauteuil par Catherine : beau moment d’émotion, être accueilli avec simplicité en ce lieu où Camus vécut, quel bonheur!
Et voilà aussi la relecture – la retraite de l’industrie venue – des livres de et sur Camus (et il y en a eu à son 100e anniversaire dont le Dictionnaire !). Et aussi ma création du Groupe de Camusiens du Toulousain (51 réunions en 6 ans) où nous mettons régulièrement en commun nos niveaux de savoirs respectifs.
« Pourquoi aimes-tu parler de Camus ? Pourquoi aimes-tu Camus ? » me demandent mes enfants, petits-enfants, amis qui me titillent gentiment. Ma seule réponse vraie est tripale, donc non raisonnable: c’est parce que c’est lui. Camus a une résonance en moi parce qu’il m’a « accroché » définitivement par son refus des systèmes, par son déchirement intérieur, par ses prises de positions courageuses dans Combat ou concernant la guerre d’Algérie, par son soutien à l’Espagne Républicaine. Non que je n’apprécie pas d’autres auteurs, mais lui, c’est un ami que j’aime, point. Incapable je suis pour expliquer savamment son œuvre, mais connaisseur suffisamment de sa biographie pour extraire des questions du Quizz annuel pour mes ami(e)s du Toulousain, proposé dans une belle ambiance conviviale !
Parce que c’est lui ne vous suffit pas. Mais c’est ainsi, 58 ans après ! J’affirme simplement que je ressens un beau sentiment de bien-être en parlant de lui, une amitié, une sérénité bienveillante. Je cherche toujours la réponse. Je sais en tout cas qu’il y a dans son œuvre de quoi spécialement satisfaire ma curiosité, ma réflexion, mon bonheur : cela suffit à remplit mon cœur d’homme. Voilà tout.

Yves Ramier, Cornebarrieu (Occitanie)

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