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Albert Camus et la manipulation, Colloque international des 9 et 10 novembre 2018 à l’Université catholique de Louvain (Belgique).

La manipulation est certainement aussi vieille que l’humanité, mais au cours du vingtième siècle, elle a pris des proportions inégalées – phénomène qui ne fait que se renforcer depuis, accentué par une perversion des valeurs de notre société où le bonheur personnel est devenu un droit et une exigence à rencontrer dans l’instant, peu en importe le prix, et où l’individualisme le plus forcené et le plus étriqué ruine toute possibilité de fonder une véritable « république » et une démocratie réelle.
La pensée d’Albert Camus est indissociable du libertarisme et de l’anarchisme, même si cet aspect a, jusqu’à ce jour, été insuffisamment étudié, à l’exception notoire des travaux de Lou Marin. Dans une telle approche, la manipulation n’est pas envisageable ; elle est aussi dépistée avec lucidité et dénoncée avec force. Philosophe engagé et écrivain, Camus a mené ce travail sur tous les fronts de son art et de son intelligence ; lorsqu’il dénonce, éditorialiste à Combat, les mensonges et les illusions qui se mettent en place au lendemain de la Libération (en particulier après l’anéantissement d’Hiroshima), sa parole courageuse et inaudible durant la Guerre d’Algérie ; le détricotage des pensées totalitaires, entamé dans Le Mythe de Sisyphe et achevé dans L’Homme révolté ; mais aussi, dans la fiction, les manipulations individuelles et collectives, des gestes et des discours.
Telles sont les pistes qui seront étudiées durant ce colloque international, ouvert non seulement aux littéraires, mais aussi aux politologues, psychologues et à tous les chercheurs de sciences humaines que ces questions intéressent.
Le colloque se tiendra à l’Université catholique de Louvain, du 9 au 10 novembre 2018. Il est organisé à l’initiative de Vincent Engel (Université catholique de Louvain), en collaboration avec la Société des Etudes Camusiennes, et avec le soutien du centre de recherche Globalit et de l’Institut de Sciences Politiques Louvain-Europe (ISPOLE) de l’Université catholique de Louvain.
Les propositions de communication sont à envoyer par mail à Vincent Engel (vincent.engel@uclouvain.be) au plus tard à la date du 10 juin 2018. Elles doivent contenir un abstract (200-250 mots) et une brève présentation bio-bibliographique.
Les décisions du comité scientifique seront communiquées le 30 juin 2018.

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Le théâtre d’Albert Camus, un théâtre actuel ?
Journée d’étude, organisée par Joëlle Chambon, Arianna De Sanctis et Vincenzo Mazza
27 mars 2018
Théâtre de la Vignette, Montpellier

Cette journée d’étude vise à analyser le théâtre d’Albert Camus en profitant des récentes mises en scène tirées de sa dramaturgie comme Les Justes monté au Théâtre de la Colline en 2010 par Stanislas Nordey et L’État de siège monté par Emmanuel Demarcy-Mota au Théâtre de la Ville en 2017 et qui sera repris à partir du 14 mars à l’Espace Pierre Cardin à Paris. Cependant, le théâtre de Camus est-il d’actualité ? Son écriture, qui est très liée aux événements d’une autre époque, peut aider à la compréhension de la nôtre qui doit faire face à des problématiques qui étaient également celles du temps de Camus comme le terrorisme, la dictature, le contrôle du pouvoir, etc.
Si d’un côté la production contemporaine donne des pistes de réflexion pour voir comment le théâtre de Camus inspire les nouvelles générations de praticiens de la scène, d’autre part, cette rencontre sera une autre occasion pour les historiens du théâtre et les spécialistes de la littérature de poursuivre l’exégèse de la dramaturgie de Camus et des spectacles montés sans ou avec son auteur. La découverte et la publication de nouveaux documents comme la très riche correspondance Maria Casarès – Albert Camus représentent des précieuses sources pour pousser plus loin la recherche sur le théâtre de Camus.
Après quatre générations et avec des contextes géopolitiques très différents de ceux qui ont poussé Camus à écrire et adapter pour le théâtre entre 1937 et 1959, le défi de cette Journée d’étude est de vérifier non seulement si les thématiques déployées par Camus parlent au spectateur et au lecteur d’aujourd’hui, mais ce sera également l’occasion de voir si la dramaturgie contemporaine peut dialoguer avec l’auteur de Caligula.
Cet événement, qui bénéficie de la disponibilité de Nicolas Dubourg, directeur du Théâtre de la Vignette, où auront lieu les conférences et démonstrations, sera également une occasion pour les étudiants de L3 de proposer leurs travaux de fin de semestre sur L’État de siège, pièce sur laquelle ils ont travaillé pendant trois mois. Les étudiants, à travers lectures et partitions scéniques, tâcheront de montrer comment ils ont interprété une pièce qui semblait destinée à rester oubliée. Cela à cause d’un sujet qui paraît si lointain comme celui de l’Occupation mais aussi à cause de l’échec lors de sa création en 1948, échec qui a changé à jamais les carrières des deux co-créateurs du spectacle : Albert Camus et Jean-Louis Barrault.
Cette journée d’étude représente la première étape d’un parcours plus long et articulé qui a commencé par des cours universitaires dans les départements de théâtre des Universités de Paris 8 et Paul Valéry, Montpellier 3. Après cette journée d’étude, est prévu un colloque en automne 2019 et la publication d’un ouvrage qui comprendra ces différentes phases visant l’analyse de l’écriture dramatique de Camus.

Programme prévisionnel

9h00 Accueil des participants
9h30 – 11h00 3 interventions (chacune de 20 min + 10 min de discussion)
11h00 – 11h30 Pause café
11h30 – 13h00 3 interventions
13h00 – 14h30 Pause déjeuner
14h30 – 15h30 Table ronde : L’État de siège, spectacle en trois parties (1948-2018), nouvelles perspectives ?
15h30 – 17h00 Lectures et partitions scéniques présentées par les étudiants en L3 du département de théâtre de l’Université Paul Valéry – Montpellier 3.
17h00 Mot de clôture

Liste des participants (à confirmer) : Joëlle Chambon (MCF, Montpellier 3), Arianna Berenice De Sanctis (ATER, Montpellier 3), Vincenzo Mazza (Contractuel, Montpellier 3), Alix de Morant (MCF, Montpellier 3), Jean-Marie Pradier (Professeur émérite, Paris 8), David Walker (Professeur émérite, Sheffield).

Montpellier : Théâtre de la Vignette, salle de répétition

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Compte-rendu du colloque « Autour de L’Étranger de Camus et de ses traductions : approches linguistiques des questions de temps, d’aspect, de modalité, et d’évidentialité ».

Les 16 et 17 novembre derniers un peu plus d’une trentaine d’intervenants de formation principalement linguistique se sont réunis à Paris dans les locaux de Paris 3 Sorbonne nouvelle et de l’Inalco. L’enjeu était de mesurer les impacts sur la traduction dans une langue étrangère de la structure narrative et temporelle très particulière de L’Étranger. L’emploi fréquent du passé composé et sa coexistence avec l’imparfait pour raconter un récit ne manquent pas de poser des problèmes dans des langues où le passé ne s’exprime pas avec des formes verbales identiques à celles du français. De plus, les choix que font les différents traducteurs dans la même langue sont bien souvent différents. Les intervenants se sont efforcés à partir d’exemples précis, tirés du roman, de mettre en relief les options linguistiques prises au moment des traductions en fonction de la structure linguistique de la langue même. Il était de ce fait important que de très nombreuses langues soient prises en compte dans cette analyse, renforçant aussi le côté international de la réception de l’œuvre de Camus. Chinois, japonais, coréen, vietnamien, russe, suédois, allemand, italien, anglais, américain, arabe et même le créole haïtien… ont fait l’objet de communications. Certaines interventions se déroulaient en simultané obligeant les participants au colloque à des choix. La technicité des communications rend difficile de rendre compte avec précision de leurs contenus. Je suis moi-même intervenu sur le mouvement des traductions publiées du vivant d’Albert Camus et sur les deux traductions qu’il avait lui-même réalisées : La Dernière Fleur de James Thurber et les deux poèmes catalans de Maragall.

Cinq conférences plénières venaient ponctuer le début et la fin de journée des séances. Pour ouvrir le colloque, Henriette de Smart de l’Université d’Utrecht (Pays-Bas) a notamment rappelé qu’il y avait 302 phrases au passé composé dans le roman, dont 179 dans le premier chapitre, et que l’imparfait était aussi très souvent employé. Elle a ainsi dressé une cartographie de la structure temporelle dans L’Étranger. Laurent Gosselin (Université de Rouen) a traité des « éléments de temps, aspect, modalité dans le dispositif représentationnel de l’absurde ». Sandra Smith de l’université de Columbia et de New York est revenue sur les options qu’elle avait prises dans sa récente nouvelle traduction de L’Étranger en anglais. Alice Kaplan dont le récent livre faisait référence importante était bien placée pour revenir sur le titre des traductions anglaises/américaines : Outsider ou Stranger ? Le titre de la dernière conférence de clôture faite par Jacques Brès (Université de Montpellier) en donnait le ton : « Pousse-toi que je m’y mette : de la concurrence Passé Simple / Passé Composé ».

Une confrontation plus systématique avec d’autres disciplines (sémiologie, stylistique, littérature et philosophie..) aurait pu donner plus d’ampleur et de résonance à ce colloque. Elle aurait aussi permis de prendre en compte les différentes strates d’interprétation du roman depuis sa création et la nécessité de toujours remettre en chantier de nouvelles traductions.

Trois enseignants dans des structures universitaires françaises différentes composaient le comité scientifique veillant au bon et convivial déroulement du colloque : Eric Corre (Paris 3 Sorbonne Nouvelle), Danh Thânh Do-Hurinville (Université de Franche-Comté) et Huy Linh Dao (INALCO). Des intervenants provenaient aussi de plusieurs autres universités françaises (ENS, Rouen, Nancy Lorraine, Montpellier, Poitiers, Orléans) et de nombreux pays étaient représentés.

Le principal intérêt de ce colloque, pour un non-linguiste et/ou pour quelqu’un qui ne connaissait pas la langue dans laquelle Camus est traduit, était de renvoyer constamment au roman lui-même non pas tant dans la narration de l’histoire ni même dans le style ou l’expression, mais plutôt dans une lecture lente, attentive à toute la saveur de la langue. Il faisait mesurer aussi combien la réception de l’œuvre de Camus pouvait dépendre tant des options de traductions que du pays même où il était lu. Il avait été rappelé par Éric Corre en début de colloque que le Dictionnaire Albert Camus avait répertorié en 2009 l’existence de 60 traductions de L’Étranger : la diversité de ce bel ensemble, autant que les études critiques consacrées au roman, doit aussi aider à la lecture de l’œuvre dans sa langue originelle.

Souhaitons que cette initiative ait des suites et que des travaux de même nature se développent sur d’autres œuvres de Camus.

Guy BASSET
colloqueParis3traductionbibliographie

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Lien avec les « Amis de Sciascia »

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Orléans La Source, théâtre Gérard Philipe, le 25 janvier à 14h et 20h et le 26 janvier à 20h,

Les Justes d’Albert Camus

Mise en scène : Thierry Falvisaner
Avec Arnaud Aldigé, Arnaud Apprédis, Thomas Cerisola, Stephan Kalb, Johanna Nizard, Alexandre Le Nours
Scénographie : Grégoire Faucheux, Construction : Jérôme Perez; Univers sonore : Shoï Lorillard

Renseignements, informations : Théâtre Charbon –
contact@theatrecharbon.fr
Tel : 06 58 69 23 73

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Lyon le 4 Avril 2018

Un colloque intitulé « Un dialogue (absurde ?) entre psychiatres et camusiens » aura lieu le 4 avril 2018 à Lyon, à l’amphithéâtre du centre référent de réhabilitation, 4 rue Jean Sarrazin, 69008 Lyon (2ème étage).

Programme :

9h – 9h15 Accueil des participants

9h15 – 9h30 Introduction par Agnès Spiquel (enseignante Valenciennes, Paris) et Brice Martin (psychiatre, Lyon)

9h30 – 10h45 L’absurde
Situation clinique présentée par Léo Benabdelkarim et Pierre Jannel (internes
en psychiatrie, Lyon)
Meneurs de jeu : Jean-Louis Meunier (enseignant, Nîmes) et Benjamin Neyrand (interne en psychiatrie, Lyon)
Débatteurs : Pierre-Louis Rey (enseignant, Paris) et Emmanuel Venet (psychiatre,Lyon)

10h45 – 11h Pause

11h – 12h30 La révolte individuelle
Situation clinique présentée par François Xavier Couchoud (interne en psychiatrie, Lyon)
Meneurs de jeu : Philippe Svandra (Formateur Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris)et Halima Zeroug Vial (psychiatre, Lyon)
Débatteurs : Laurent Bove (enseignant, Amiens) et Nathalie Giloux (psychiatre, Lyon)

12h30 – 13h30 Pause déjeuner

13h30 – 14h45 La révolte collective
Situation clinique présentée par Héloise da Costa (interne en psychiatrie, Lyon)
Meneurs de jeu : Guy Basset (enseignant Orléans, Paris) et Mathias Winter (psychiatre, Lyon)
Débatteurs : Samantha Novello (enseignante, Turin) et Thierry Rochet (psychiatre, Lyon)

14h45 – 15h Pause

15h – 16h15 Le non-jugement, l’amour, la mesure
Situation clinique présentée par Adeline Frankhauser (psychiatre, Lyon)
Meneurs de jeu : Agnès Spiquel et Brice Martin
Débatteurs : Françoise Kleltz-Drapeau (enseignante, Espace éthique, Paris) et Marion Sicard (psychiatre, Lyon)

16h15 – 16h30 Conclusion : Agnès Spiquel et Brice Martin

Inscriptions par mail : heloisedacosta@gmail.com
Entrée : 10€ / 5€ (étudiants, internes, personnes sans emploi)

Amphithéâtre du centre référent de réhabilitation, 4 rue Jean Sarrazin, 69008 Lyon (2ème étage)

Voir l’affiche du colloque :
ColloqueLyon

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Colloque « Albert Camus et la poésie »
les 28, 29 et 30 septembre 2018
à La Saline royale d’Arc-et-Senans
organisé par Danièle Leclair et Alexis Lager avec la collaboration d’Agnès Spiquel,
en partenariat avec La Saline royale

« Le chant plus intérieur qu’on vient chercher ici, j’en sens déjà les premiers accords au fond de cette nuit italienne.» (Albert Camus, « Le Désert », Noces)
« La poésie est l’éternel aliment. Il faut lui confier la garde des secrets. » (Albert Camus, Carnets)

Artiste protéiforme, romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste, mais aussi directeur de revues, journaliste, éditeur…, Camus est un écrivain aux multiples visages que de nombreuses publications viennent régulièrement éclairer. Depuis une dizaine d’années, la parution successive des correspondances d’Albert Camus avec Jean Sénac (Paris-Méditerranée, 2004), René Char (Gallimard, 2007), Francis Ponge (Gallimard, 2013) et la réédition de La Postérité du soleil (Gallimard, 2009) ont particulièrement mis en avant le rapport de Camus à la poésie.
Très tôt en effet, Camus s’est intéressé à la poésie : dès sa jeunesse, il a écrit et publié des poèmes et des critiques sur des poètes[1]. En outre, sa formation classique lui permet de lire aussi bien les auteurs grecs et latins, Homère, Eschyle et Virgile, que Baudelaire, Verlaine, Rimbaud et Valéry ainsi que les poètes surréalistes. Et cet intérêt pour la poésie perdure toute sa vie : ainsi, il sera l’un des premiers lecteurs de Ponge et publiera dans la collection «Espoir» Feuillets d’Hypnos de Char, poète avec qui il entretiendra une amitié indéfectible. Par ailleurs, il ne craint pas d’expliciter ses choix dans L’Homme révolté et notera encore plus tard, dans ses Carnets : « [La] poésie est l’éternel aliment. Il faut lui confier la garde des secrets[2] ».

Mais sa propre pratique de la poésie reste à interroger. L’écriture des Carnets comme sa collaboration avec Char autour des photographies de La Postérité du soleil témoignent que l’aspiration à l’écriture poétique demeure vivante parallèlement à ses autres écrits. La présence, dans son œuvre, de textes qui relèvent de la prose poétique, mais aussi de nombreux passages poétiques au sein de textes argumentatifs, philosophiques, romanesques[3] ou dramatiques… incite à étudier plus précisément ce mode d’écriture, qui, chez lui, se joue des cloisonnements génériques habituels : rappelons par exemple qu’il crée à Alger en 1941 une collection intitulée « Poésie et théâtre[4] ».
Les exégètes de Camus mettent aussi l’accent sur sa « philosophie sensible[5]», sa pensée au plus près du réel et de l’émotion, en particulier dans Noces. « On ne pense que par images[6] », écrivait Camus lui-même, et c’est ce qu’il aimait notamment chez Char : « au centre du Poème pulvérisé, […] se tient un foyer mystérieux autour duquel tournent inlassablement des torrents d’images chaleureuses. C’est pourquoi cette poésie nous comble si exactement.[7] »

Axes du colloque

I. Camus et les poètes
Cette partie du colloque mettra en regard les poètes lus par Camus et ceux qui le lisent. Qu’ils soient contemporains de l’auteur ou non, quels sont les poètes lus et analysés par l’auteur de Noces ? Les poètes aimés et ceux dont il se détache ? ceux avec lesquels il dialogue et ceux qu’il critique[8] ? Ses choix poétiques et ses prises de position sur tel ou tel poète feront ici l’objet d’analyses, que pourront compléter des études d’intertextualité où l’on suivra dans les textes camusiens la trace d’œuvres poétiques nourricières[9]. Il conviendrait également d’étudier le rôle éditorial joué par Camus dans la publication des poètes, aussi bien chez Charlot que chez Gallimard. Les représentations de la figure du poète dans les œuvres de Camus (Caligula, Les Justes, L’Homme révolté en particulier) pourraient aussi être analysées.
Un second volet s’intéressera à la réception de Camus par les poètes de son temps et du nôtre. De Jean Sénac à Claude Vigée, de nombreux poètes revendiquent Camus comme une source d’inspiration et d’écriture. Dans quelle mesure la lecture de son œuvre a-t-elle été déterminante pour l’édification de la leur ? Plus largement, comment l’œuvre de Camus a-t-elle été perçue par ses lecteurs-poètes, en France et à l’étranger ? En quoi ceux-ci ont-ils pu trouver dans l’œuvre camusienne un écho à leur propre démarche poétique ?
Une table ronde réunissant plusieurs poètes prolongera la réflexion sur cette réception de Camus.

II. L’écriture poétique de Camus
Un colloque, organisé en 1996 à Beauvais par Jacqueline Lévi-Valensi et Agnès Spiquel, s’était déjà penché sur la question du lyrisme dans l’œuvre de Camus[10], abordant la notion sous divers angles complémentaires. Récemment, une journée d’études, « Camus : l’histoire d’un style » (Paris, 2012) et deux colloques, « Camus l’artiste » (Cerisy, 2013) et « Camus et les vertiges du sacré » (Angers, 2016) ont évoqué à travers quelques communications[11] la question du poétique dans l’œuvre de Camus.
Pour aller plus loin, nous nous demanderons si l’on peut parler d’une écriture poétique de Camus. Si oui, comment la caractériser et en montrer la spécificité? Comment dépasse-t-elle les catégories de genre ? Qu’apporte-t-elle à l’ensemble de l’œuvre et aux fictions ou essais dans lesquels elle prend place? Si non, en quoi demeure-t-elle un « cheminement vers le poème », une prose qui « [tourne] autour de la poésie sans l’atteindre », comme l’écrit Philippe Jaccottet[12] ?
Une étude stylistique très précise des descriptions de paysages dans Noces et L’Été, réalisée par Michèle Monte[13], a mis en lumière les modalités du «lyrisme paradoxal » de Camus, d’un côté lyrisme impersonnel ou objectif, caractérisé par le dépouillement syntaxique et lexical, de l’autre, personnification de paysages marqués par l’intensité, qui imposent à l’homme leur énergie propre, l’attirent à eux dans une union sensuelle : « célébration dépouillée et vibrante d’une osmose paradoxale entre un paysage excédant l’homme et un homme se dépouillant de sa « supériorité » discursive pour mieux accueillir cet excès[14]. »
On interrogera donc la façon dont la poésie traverse l’œuvre de Camus, quelle que soit la nature du texte, en s’appuyant notamment sur les travaux des théoriciens des études de genre[15], du poème comme « rythme[16] », de la poésie comme « parole singulière[17] » ou « énonciation lyrique[18] », ou encore sur les études de géographie littéraire ou de géo-poétique[19] qui analysent dans la poésie le rapport du sujet au monde naturel.
Peut-on découvrir chez Camus une « matière » poétique privilégiée ? Par quel type d’énonciation s’impose-t-elle ? Quelle voix l’écrivain nous fait-il alors entendre ? Comment les figures de rhétorique, les « images » chères à Camus, imposent-elles leur force de transformation ? Quels rapports tissent-elles entre le sujet et le monde ?

Ce colloque se propose de rapprocher et de faire dialoguer ces diverses approches afin de faire apparaître, de la façon la plus fructueuse et complète possible, l’émergence de la poésie dans l’œuvre plurielle de Camus, de dessiner le tracé de ses seuils et de ses frontières.

Concerts

Dans ce colloque, s’inscriront trois concerts, deux organisés et présentés par le compositeur et chef d’orchestre Claude-Henry Joubert [20]. (L’ordre de ces concerts n’est pas encore connu). L’un comprendra la reconstitution du «concert» donné pour la grand-mère dans Le Premier Homme, violon et voix : Ramona, Nuits de Chine, Djalmé, Sérénade de Toselli… puis l’écoute des chansons et des airs qu’aimait Camus : La Vie en rose, Femmes que vous êtes jolies, Saint James Infirmary, Tristesse de Chopin. Un autre sera consacré au Quintette en sol mineur de Mozart, que Camus aimait tout particulièrement. Un troisième présentera un concert organisé par la Saline, en lien avec des lectures de « L’Hôte » de Camus, avec l’orchestre de musiciens professionnels réfugiés – orchestre fondé dans le cadre du projet ORPHEUS XXI, lancé par le musicien Jordi Savall en résidence à la Saline.
Sur ORPHEUS, voir : https://culturebox.francetvinfo.fr/musique/musiques-du-monde/l-emouvante-aventure-d-orpheus-xxi-orchestre-de-refugies-cree-par-jordi-savall-262515

Direction scientifique du colloque :
Danièle Leclair (Université Paris Descartes et UMR Thalim-CNRS/Sorbonne nouvelle) et Alexis Lager (Société des études camusiennes)
Avec : Agnès Spiquel (Présidente de la Société des études camusiennes)

Comité scientifique :
– Catherine Brun, Professeur de Littérature française, Université Sorbonne nouvelle
– Laurent Jenny, Professeur honoraire de Littérature française, Université de Genève
– Danièle Leclair, Maître de conférences de Langue et Littérature françaises, Université Paris Descartes et UMR Thalim-CNRS/Sorbonne nouvelle
– Serge Martin, Professeur de Langue et Littérature françaises, Université Sorbonne nouvelle
– Hiroshi Mino, Directeur du Centre des Études de Nara, Open University of Japan, Professeur émérite de Littérature française, Université de Nara-joshi, Vice-Président de la Société des études camusiennes
– Anne Prouteau, Maître de conférences de Littérature française, Université catholique de l’Ouest (Angers), Vice-Présidente de la SEC
– Alain Schaffner, Professeur de Littérature française, Université Sorbonne nouvelle, Co-Directeur de l’UMR Thalim-CNRS/Sorbonne nouvelle
– Agnès Spiquel, Professeur émérite de Littérature française, Université de Valenciennes, Présidente de la Société des études camusiennes.

Appel à communications :
Les propositions de contribution (titre et résumé de 15 à 20 lignes, accompagnés d’une bio-bibliographie d’une demi-page) sont à envoyer, en fichier Word, pour le 1er mars 2018 au plus tard, simultanément à daniele.leclair@parisdescartes.fr et alexis.lager@gmail.com

————————————————–
[1] Voir dans Albert Camus, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « La Pléiade » (abrégé ensuite en OC) les articles de Camus publiés dans Sud et dans Alger-Étudiant mais également les textes des premiers écrits où, selon Jacqueline Lévi-Valensi, se lit une « tentation du poème », en particulier dans « La Maison Mauresque » et « Méditerranée » : cf Jacqueline Lévi-Valensi, « La tentation du poème et du rêve : ‶Intuitions″ » in Albert Camus ou la naissance d’un romancier, Paris, Gallimard, 2006, p. 59-80.
[2] Camus, OC, t. IV, Carnets, p. 1160.
[3] Au colloque de Beauvais, Marie-Louise Audin étudiait dans L’Étranger, le style lyrique du passage du meurtre de l’Arabe, où elle dénombrait 45 images en 20 lignes.
[4] Publiée chez Charlot en 1941 : sur Federico García Lorca notamment.
[5] Camus, OC, t. I, p. 1276 à propos du Mythe de Sisyphe.
[6] Camus, OC, t. I, p. 1279 mais tiré de Carnets, p. 800.
[7] Camus, OC, t. IV, « Préface à l’édition allemande des Poésies de René Char », p. 619.
[8] Les relations Camus-Char et Camus-Ponge ayant déjà été abondamment traitées, nous souhaitons que les études portent sur d’autres poètes très peu étudiés jusqu’à présent.
[9] V. Grégoire et F. Poussin ont par exemple étudié la présence de Baudelaire dans son œuvre : « L’influence de Baudelaire sur l’œuvre d’Albert Camus », Symposium, volume 56, 2002.
[10] Camus et le lyrisme, Jacqueline Lévi-Valensi et Agnès Spiquel (dir.), SEDES, 1997.
[11] Hervé Sanson, « « Amertume et grandeur » : Albert Camus ou le spectre de la poésie », in Camus l’artiste, Rennes, PUR, 2015, p. 163-176 et Hervé Menou, « Albert Camus et la matérialité poétique du sacré », in Albert Camus et les vertiges du sacré, Angers, 20-21 octobre 2016 (actes à paraître) ; «L’histoire d’une tentation : lyrisme et prose poétique » in Albert Camus, l’histoire d’un style, Anne-Marie Paillet (dir.), Academia/ L’Harmattan, 2013, p. 117-188.
[12] Philippe Jaccottet, « Le dernier livre de Camus » dans Écrits pour papier journal, Gallimard, 1994.
[13] Michèle Monte, « Sobriété et profusion : une rhétorique du paysage dans Noces et L’Été d’Albert Camus », Babel, 7, 2003, p. 230-254.
[14] Idem.
[15] Dominique Combe, Poésie et récit : une rhétorique des genres, Corti, 1989 et Les genres littéraires, Paris, Hachette supérieur, 1992.
[16] Henri Meschonnic, Politique du rythme, Politique du sujet, Lagrasse, Verdier, 1995.
[17] Laurent Jenny, La Parole singulière, Paris, Belin, 1989.
[18] Laurent Jenny, cours en ligne de l’université de Lausanne, « L’énonciation lyrique. Méthodes et problèmes », http://www.unige.ch/lettres/framo/enseignements/methodes/elyrique ; Dominique Rabaté (dir.), Figures du sujet lyrique, Paris, PUF, 1996 ; Antonio Rodriguez, Le Pacte lyrique : configuration discursive et interaction affective, Liège, Mardaga, 2003.
[19] Voir Michel Collot, Paysage et poésie, du romantisme à nos jours, Paris, José Corti, 2005 ; La Pensée paysage. Philosophie, arts, littérature, Arles, Actes Sud/ENSP, 2011 ; Pour une géographie littéraire, Paris, José Corti, 2014.
[20] Claude-Henry Joubert, altiste, compositeur et chef d’orchestre, est lauréat du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris et également Docteur ès lettres de l’université Paris-Sorbonne. Il a été directeur du Conservatoire d’Orléans de 1972 à 1987 puis, de 1987 à 1994, directeur de l’Institut de pédagogie musicale et chorégraphique à la Cité de la Musique de la Villette. Chargé de formations pédagogiques en France et à l’étranger, il se consacre, d’autre part, à l’écriture musicale.

Possibilités d’hébergement aux alentours de la Saline Royale :

Hôtels :

– Le Relais *** – 9 Place de l’Église, 25610 Arc-et-Senans – 03 81 57 40 60 http://www.relais-arc-et-senans-hotel-restaurant-jura.fr/fr/relais-d-arc-et-senans-hotel-restaurant-arc-et-senans-doubs.php

– Château de Germigney **** – 31 Rue Edgar Faure, 39600 Port-Lesney (à 7km d’Arc-et-Senans) http://www.chateaudegermigney.com/fr/

– L’Edgar ** – 10 Rue Edgar Faure, 39600 Port-Lesney (à 7km d’Arc-et-Senans) 03 84 73 82 97
http://www.ledgar.fr/

– La Truite de la Loue **- 2 Route de Lyon, 25440 Quingey (à 12km d’Arc-et-Senans) 03 81 63 60 14 http://www.la-truite-de-la-loue.com/

Chambres d’hôtes :

– De Hoop – 36 Grande Rue, 25610 Arc-et-Senans 03 81 57 67 92 http://www.hebergement-arc-et-senans.fr/bienvenue-1-1.htm

– Le Petit Roche – Arc-et-Senans 9 Rue des Forges, 25610 Arc-et-Senans 06 72 85 05 35

– Le Lac d’Amour – 27 Grande Rue, 39380 Chissey-sur-Loue 03 84 37 79 17 (à 5km d’Arc-et-Senans) https://www.gites-de-france.com/location-vacances-Chissey-sur-loue-Chambre-d-hotes-Le-Lac-D-amour-39G4082.html

– Le Détour – 27 Rue de Besançon, 25440 Buffard 03 81 57 50 77 (à 5 km d’Arc-et-Senans) http://www.chambres-hote.com/

– Che’Val d’Amour – 8 Rue du Château d’Eau, 39600 Écleux 06 32 25 96 70 (à 7km d’Arc-et-Senans) http://www.cheval-damour.fr/

– La Grange du Hérisson – 13 Chemin du Bout d’Amont, 25320 Byans-sur-Doubs (à 12km d’Arc-et-Senans) 03 81 63 68 66 http://www.lagrangeduherisson.fr/

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Paris, Théâtre Rive Gauche, du 4 octobre au 27 décembre à 19h,

Noces d’Albert Camus

Adaptation et mise en scène de Michel Voïta

Théâtre Rive Gauche, 6, rue de la Gaîté, Paris 14
http://www.theatre-rive-gauche.com/a-l-affiche-noces.html

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Pour célébrer les 70 ans de la parution de La Peste d’Albert Camus, l’Alliance française de Buenos Aires propose, le 5 octobre 2017 à 19h, une conférence avec traduction simultanée, « Sous le soleil de la Peste d’Albert Camus » (« Bajo el sol de La Peste ») par Marie-Thérèse Blondeau.

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