Colloque « Albert Camus et la poésie »
les 28, 29 et 30 septembre 2018
à La Saline royale d’Arc-et-Senans
organisé par Danièle Leclair et Alexis Lager avec la collaboration d’Agnès Spiquel,
en partenariat avec La Saline royale

« Le chant plus intérieur qu’on vient chercher ici, j’en sens déjà les premiers accords au fond de cette nuit italienne.» (Albert Camus, « Le Désert », Noces)
« La poésie est l’éternel aliment. Il faut lui confier la garde des secrets. » (Albert Camus, Carnets)

Artiste protéiforme, romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste, mais aussi directeur de revues, journaliste, éditeur…, Camus est un écrivain aux multiples visages que de nombreuses publications viennent régulièrement éclairer. Depuis une dizaine d’années, la parution successive des correspondances d’Albert Camus avec Jean Sénac (Paris-Méditerranée, 2004), René Char (Gallimard, 2007), Francis Ponge (Gallimard, 2013) et la réédition de La Postérité du soleil (Gallimard, 2009) ont particulièrement mis en avant le rapport de Camus à la poésie.
Très tôt en effet, Camus s’est intéressé à la poésie : dès sa jeunesse, il a écrit et publié des poèmes et des critiques sur des poètes[1]. En outre, sa formation classique lui permet de lire aussi bien les auteurs grecs et latins, Homère, Eschyle et Virgile, que Baudelaire, Verlaine, Rimbaud et Valéry ainsi que les poètes surréalistes. Et cet intérêt pour la poésie perdure toute sa vie : ainsi, il sera l’un des premiers lecteurs de Ponge et publiera dans la collection « Espoir » Feuillets d’Hypnos de Char, poète avec qui il entretiendra une amitié indéfectible. Par ailleurs, il ne craint pas d’expliciter ses choix dans L’Homme révolté et notera encore plus tard, dans ses Carnets : « [La] poésie est l’éternel aliment. Il faut lui confier la garde des secrets[2] ».

Mais sa propre pratique de la poésie reste à interroger. L’écriture des Carnets comme sa collaboration avec Char autour des photographies de La Postérité du soleil témoignent que l’aspiration à l’écriture poétique demeure vivante parallèlement à ses autres écrits. La présence, dans son œuvre, de textes qui relèvent de la prose poétique, mais aussi de nombreux passages poétiques au sein de textes argumentatifs, philosophiques, romanesques[3] ou dramatiques… incite à étudier plus précisément ce mode d’écriture, qui, chez lui, se joue des cloisonnements génériques habituels : rappelons par exemple qu’il crée à Alger en 1941 une collection intitulée « Poésie et théâtre[4] ».
Les exégètes de Camus mettent aussi l’accent sur sa « philosophie sensible[5] », sa pensée au plus près du réel et de l’émotion, en particulier dans Noces. « On ne pense que par images[6] », écrivait Camus lui-même, et c’est ce qu’il aimait notamment chez Char : « au centre du Poème pulvérisé, […] se tient un foyer mystérieux autour duquel tournent inlassablement des torrents d’images chaleureuses. C’est pourquoi cette poésie nous comble si exactement.[7] »

Axes du colloque

I. Camus et les poètes
Cette partie du colloque mettra en regard les poètes lus par Camus et ceux qui le lisent. Qu’ils soient contemporains de l’auteur ou non, quels sont les poètes lus et analysés par l’auteur de Noces ? Les poètes aimés et ceux dont il se détache ? ceux avec lesquels il dialogue et ceux qu’il critique[8] ? Ses choix poétiques et ses prises de position sur tel ou tel poète feront ici l’objet d’analyses, que pourront compléter des études d’intertextualité où l’on suivra dans les textes camusiens la trace d’œuvres poétiques nourricières[9]. Il conviendrait également d’étudier le rôle éditorial joué par Camus dans la publication des poètes, aussi bien chez Charlot que chez Gallimard. Les représentations de la figure du poète dans les œuvres de Camus (Caligula, Les Justes, L’Homme révolté en particulier) pourraient aussi être analysées.
Un second volet s’intéressera à la réception de Camus par les poètes de son temps et du nôtre. De Jean Sénac à Claude Vigée, de nombreux poètes revendiquent Camus comme une source d’inspiration et d’écriture. Dans quelle mesure la lecture de son œuvre a-t-elle été déterminante pour l’édification de la leur ? Plus largement, comment l’œuvre de Camus a-t-elle été perçue par ses lecteurs-poètes, en France et à l’étranger ? En quoi ceux-ci ont-ils pu trouver dans l’œuvre camusienne un écho à leur propre démarche poétique ?
Une table ronde réunissant plusieurs poètes prolongera la réflexion sur cette réception de Camus.

II. L’écriture poétique de Camus
Un colloque, organisé en 1996 à Beauvais par Jacqueline Lévi-Valensi et Agnès Spiquel, s’était déjà penché sur la question du lyrisme dans l’œuvre de Camus[10], abordant la notion sous divers angles complémentaires. Récemment, une journée d’études, « Camus : l’histoire d’un style » (Paris, 2012) et deux colloques, « Camus l’artiste » (Cerisy, 2013) et « Camus et les vertiges du sacré » (Angers, 2016) ont évoqué à travers quelques communications[11] la question du poétique dans l’œuvre de Camus.
Pour aller plus loin, nous nous demanderons si l’on peut parler d’une écriture poétique de Camus. Si oui, comment la caractériser et en montrer la spécificité ? Comment dépasse-t-elle les catégories de genre ? Qu’apporte-t-elle à l’ensemble de l’œuvre et aux fictions ou essais dans lesquels elle prend place ? Si non, en quoi demeure-t-elle un « cheminement vers le poème », une prose qui « [tourne] autour de la poésie sans l’atteindre », comme l’écrit Philippe Jaccottet[12] ?
Une étude stylistique très précise des descriptions de paysages dans Noces et L’Été, réalisée par Michèle Monte[13], a mis en lumière les modalités du « lyrisme paradoxal » de Camus, d’un côté lyrisme impersonnel ou objectif, caractérisé par le dépouillement syntaxique et lexical, de l’autre, personnification de paysages marqués par l’intensité, qui imposent à l’homme leur énergie propre, l’attirent à eux dans une union sensuelle : « célébration dépouillée et vibrante d’une osmose paradoxale entre un paysage excédant l’homme et un homme se dépouillant de sa « supériorité » discursive pour mieux accueillir cet excès[14]. »
On interrogera donc la façon dont la poésie traverse l’œuvre de Camus, quelle que soit la nature du texte, en s’appuyant notamment sur les travaux des théoriciens des études de genre[15], du poème comme « rythme[16] », de la poésie comme « parole singulière[17] » ou « énonciation lyrique[18] », ou encore sur les études de géographie littéraire ou de géo-poétique[19] qui analysent dans la poésie le rapport du sujet au monde naturel.
Peut-on découvrir chez Camus une « matière » poétique privilégiée ? Par quel type d’énonciation s’impose-t-elle ? Quelle voix l’écrivain nous fait-il alors entendre ? Comment les figures de rhétorique, les « images » chères à Camus, imposent-elles leur force de transformation ? Quels rapports tissent-elles entre le sujet et le monde ?

Ce colloque se propose de rapprocher et de faire dialoguer ces diverses approches afin de faire apparaître, de la façon la plus fructueuse et complète possible, l’émergence de la poésie dans l’œuvre plurielle de Camus, de dessiner le tracé de ses seuils et de ses frontières.

Concerts
Dans ce colloque, s’inscriront deux concerts, organisés et présentés par le compositeur et chef d’orchestre Claude-Henry Joubert[20]. Le premier, le vendredi soir, sera consacré au Quintette en sol mineur de Mozart, que Camus aimait tout particulièrement. Le second, le samedi soir, comprendra la reconstitution du « concert » donné pour la grand-mère dans Le Premier Homme, violon et voix : Ramona, Nuits de Chine, Djalmé, Sérénade de Toselli… puis l’écoute des chansons et des airs qu’aimait Camus : La Vie en rose, Femmes que vous êtes jolies, Saint James Infirmary, Tristesse de Chopin…

Le dimanche après-midi, pour ceux qui pourront rester, la Saline présentera, en lien avec des lectures de « L’Hôte » de Camus, un concert par l’orchestre de musiciens professionnels réfugiés – orchestre fondé dans le cadre du projet ORPHEUS XXI, lancé par le musicien Jordi Savall et dont la Saline est partie prenante.

Direction scientifique du colloque :
Danièle Leclair (Université Paris Descartes et UMR Thalim-CNRS/Sorbonne nouvelle) et Alexis Lager (Société des études camusiennes)
Avec : Agnès Spiquel (Présidente de la Société des études camusiennes)

Comité scientifique :
– Catherine Brun, Professeur de Littérature française, Université Sorbonne nouvelle
– Laurent Jenny, Professeur honoraire de Littérature française, Université de Genève
– Danièle Leclair, Maître de conférences de Langue et Littérature françaises, Université Paris Descartes et UMR Thalim-CNRS/Sorbonne nouvelle
– Serge Martin, Professeur de Langue et Littérature françaises, Université Sorbonne nouvelle
– Hiroshi Mino, Directeur du Centre des Études de Nara, Open University of Japan, Professeur émérite de Littérature française, Université de Nara-joshi, Vice-Président de la Société des études camusiennes
– Anne Prouteau, Maître de conférences de Littérature française, Université catholique de l’Ouest (Angers), Vice-Présidente de la SEC
– Alain Schaffner, Professeur de Littérature française, Université Sorbonne nouvelle, Co-Directeur de l’UMR Thalim-CNRS/Sorbonne nouvelle
– Agnès Spiquel, Professeur émérite de Littérature française, Université de Valenciennes, Présidente de la Société des études camusiennes.

Appel à communications :
Les propositions de contribution (titre et résumé de 15 à 20 lignes, accompagnés d’une bio-bibliographie d’une demi-page) sont à envoyer, en fichier Word, pour le 1er mars 2018 au plus tard, simultanément à daniele.leclair@parisdescartes.fr et alexis.lager@gmail.com

————————————————–
[1] Voir dans Albert Camus, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « La Pléiade » (abrégé ensuite en OC) les articles de Camus publiés dans Sud et dans Alger-Étudiant mais également les textes des premiers écrits où, selon Jacqueline Lévi-Valensi, se lit une « tentation du poème », en particulier dans « La Maison Mauresque » et « Méditerranée » : cf Jacqueline Lévi-Valensi, « La tentation du poème et du rêve : ‶Intuitions″ » in Albert Camus ou la naissance d’un romancier, Paris, Gallimard, 2006, p. 59-80.
[2] Camus, OC, t. IV, Carnets, p. 1160.
[3] Au colloque de Beauvais, Marie-Louise Audin étudiait dans L’Étranger, le style lyrique du passage du meurtre de l’Arabe, où elle dénombrait 45 images en 20 lignes.
[4] Publiée chez Charlot en 1941 : sur Federico García Lorca notamment.
[5] Camus, OC, t. I, p. 1276 à propos du Mythe de Sisyphe.
[6] Camus, OC, t. I, p. 1279 mais tiré de Carnets, p. 800.
[7] Camus, OC, t. IV, « Préface à l’édition allemande des Poésies de René Char », p. 619.
[8] Les relations Camus-Char et Camus-Ponge ayant déjà été abondamment traitées, nous souhaitons que les études portent sur d’autres poètes très peu étudiés jusqu’à présent.
[9] V. Grégoire et F. Poussin ont par exemple étudié la présence de Baudelaire dans son œuvre : « L’influence de Baudelaire sur l’œuvre d’Albert Camus », Symposium, volume 56, 2002.
[10] Camus et le lyrisme, Jacqueline Lévi-Valensi et Agnès Spiquel (dir.), SEDES, 1997.
[11] Hervé Sanson, « « Amertume et grandeur » : Albert Camus ou le spectre de la poésie », in Camus l’artiste, Rennes, PUR, 2015, p. 163-176 et Hervé Menou, « Albert Camus et la matérialité poétique du sacré », in Albert Camus et les vertiges du sacré, Angers, 20-21 octobre 2016 (actes à paraître) ; «L’histoire d’une tentation : lyrisme et prose poétique » in Albert Camus, l’histoire d’un style, Anne-Marie Paillet (dir.), Academia/ L’Harmattan, 2013, p. 117-188.
[12] Philippe Jaccottet, « Le dernier livre de Camus » dans Écrits pour papier journal, Gallimard, 1994.
[13] Michèle Monte, « Sobriété et profusion : une rhétorique du paysage dans Noces et L’Été d’Albert Camus », Babel, 7, 2003, p. 230-254.
[14] Idem.
[15] Dominique Combe, Poésie et récit : une rhétorique des genres, Corti, 1989 et Les genres littéraires, Paris, Hachette supérieur, 1992.
[16] Henri Meschonnic, Politique du rythme, Politique du sujet, Lagrasse, Verdier, 1995.
[17] Laurent Jenny, La Parole singulière, Paris, Belin, 1989.
[18] Laurent Jenny, cours en ligne de l’université de Lausanne, « L’énonciation lyrique. Méthodes et problèmes », http://www.unige.ch/lettres/framo/enseignements/methodes/elyrique ; Dominique Rabaté (dir.), Figures du sujet lyrique, Paris, PUF, 1996 ; Antonio Rodriguez, Le Pacte lyrique : configuration discursive et interaction affective, Liège, Mardaga, 2003.
[19] Voir Michel Collot, Paysage et poésie, du romantisme à nos jours, Paris, José Corti, 2005 ; La Pensée paysage. Philosophie, arts, littérature, Arles, Actes Sud/ENSP, 2011 ; Pour une géographie littéraire, Paris, José Corti, 2014.
[20] Claude-Henry Joubert, altiste, compositeur et chef d’orchestre, est lauréat du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris et également Docteur ès lettres de l’université Paris-Sorbonne. Il a été directeur du Conservatoire d’Orléans de 1972 à 1987 puis, de 1987 à 1994, directeur de l’Institut de pédagogie musicale et chorégraphique à la Cité de la Musique de la Villette. Chargé de formations pédagogiques en France et à l’étranger, il se consacre, d’autre part, à l’écriture musicale.

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Colloque « Le sourire de Camus »

Sous l’égide de la Société des Études Camusiennes, un colloque sur ‘Le sourire de Camus’ se tiendra à L’Institut Américain Universitaire (IAU), à Aix en Provence, du jeudi 9 novembre au samedi 11 novembre 2017.

Le rire de Camus ne retentit plus que dans la mémoire de ceux qui l’ont connu. Pour les autres, c’est le sourire qui ressort des photographies. Mais le sourire peut être une énigme : que signifient au fait ce plissement des yeux, les lèvres qui s’incurvent, peut-être sans révéler les dents, les joues qui se rehaussent légèrement… Un sourire peut être moqueur, amer, amusé, narquois, affectueux, sceptique…

Les biographes s’accordent pour affirmer que l’homme aimait les blagues et prisait la joie. Par quels moyens l’écrivain fait-il pressentir le sourire dans ses textes? Comment s’y prend-il pour le provoquer chez le lecteur, devenu miroir du visage hilare ou ironique? L’écriture recourt à une panoplie de techniques stylistiques selon le genre et le contexte : on parle alors de comédie, de satire ou de parodie, de plaisanterie, d’épigramme, de mot d’esprit… L’auteur de romans, de pièces de théâtre, d’essais philosophiques et lyriques, de reportages, d’éditoriaux et de lettres tant ouvertes qu’intimes, sait l’art de doser l’humour et la drôlerie par l’intermédiaire des mots, des gestes, des situations, de la perspective narrative.

Comment se fait-il qu’un auteur dont l’absurde sert de point de départ, ait dû signaler que les critiques avaient négligé l’aspect comique de son œuvre ? Le travail de ce colloque consistera à faire ressortir et à ré-évaluer les aspects humoristiques de l’œuvre camusienne. Ce faisant, nous arriverons peut-être à retracer le parcours intellectuel qui, fondé sur le sentiment de l’absurde, tient à dépasser la dérision « qui ne peut être qu’une étape », afin d’aboutir à une appréciation du Comique proprement dit, acolyte souriant de la déesse Némésis et ‘pierre de touche de la civilisation’ (George Meredith).

Programme :

Mercredi 8 novembre, 18h30-20h30 : Lever de rideau : « Soirée-sourire avec Camus / Smile awhile with Camus », avec Vincent Siano et David Walker.
Lectures d’extraits de textes, en français et en anglais.

Jeudi 9 novembre

10h-12h Introduction
David H. WALKER (Université de Sheffield / IAU), « Les sourires de Camus ».
Samara GESKE (Université de São Paulo), « Le sourire sur les lèvres désespérées : le comique et le tragique chez Albert Camus ».

13h30-15h30
Virginie LUPO (Lyon), « Le rire dans le théâtre de Camus ou le rire en clair-obscur ».
Vincenzo MAZZA, (Université Paris Ouest-Nanterre) « L’État de siège : spectacle aristophanesque ou « salade grouillante » ? »
Hélène RUFAT (Université Pompeu Fabra Barcelone) « Avec L’État de siège, l’humour camusien dans tous ses états ».

16h00-17h30
Guy BASSET (Orléans / Université Sorbonne nouvelle-Paris III), « Fleurs de sourires dans la proximité de Camus ».
P.-L. REY (Université Sorbonne nouvelle), « Le « sourire franciscain » de Pastèque. Humour algérois ».

Vendredi 10 novembre

10h-11h30
Marie BRÉJON (Master, Paris 3), « L’Ironie chez Camus journaliste dans ses articles d’Alger républicain et du Soir républicain du 6 octobre 1938 au 1er janvier 1940″.
Théodore CAPONIS (Politiste, Corbel Consulting), « Albert Camus, George Orwell et la dérision du langage obscur ».

12h00-13h30
Arnaud DERCELLES et Rémi BAUDOUÏ (Université de Genève / Fondation Le Corbusier), « Les écrits politiques de Camus : quand le sourire s’estompe ».
Giovanni GAETANI (Université de Rome Tor Vergata), « « Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher ». L’ironie philosophique d’Albert Camus entre Le Mythe de Sisyphe et L’Impromptu des philosophes».

14h30-16h00
Agnès SPIQUEL(Présidente de la SEC ; Université de Valenciennes), « Le sourire du monde ».
Inés DE CASSAGNE (Alliance Française de Buenos Aires), « Le sourire d’accueil dans les lettres ».

16h30–18h00
Martin RODAN (Université Hébraïque de Jérusalem), « La Tchécoslovaquie, pays du rire mal-entendu ».
Anissa MANAI-ZAYAR (Institut Supérieur des Sciences Humaines, Tunis), « Le « rire-sourire » chez Camus ».

• Samedi 11 novembre,

10h00-11h30
Linda RASOAMANANA (Université de Mayotte), « Un homme, ça s’empêche de faire des mines mais ça peut sourire : typologie des sourires masculins dans les récits de Camus ».
Peter DUNWOODIE (Goldsmith Université de Londres), « Je(u) masqué: Humour et auto-ironie chez Camus ».

12h00-13h30
Mustapha TRABELSI (Université de Sfax, Tunisie), « Enjeux éthique et esthétique du sourire ironique dans les textes brefs d’Albert Camus ».
Lamia OUCHERIF (ENS de Bouzaréah, Alger), « L’Étranger d’Albert Camus, le sourire sur le front : un effet du grotesque »

Fin du colloque

Renseignements complémentaires : David.Walker@sheffield.ac.uk

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APPEL À COMMUNICATIONS 1 Février 2017 – 1 Avril 2017

Appel à communications pour le colloque « Autour de L’Étranger de Camus et de ses traductions », coorganisé par les équipes PRISMES-SESYLIA EA 4398 (Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle), CRLAO UMR 8563 (INALCO) et ELLIADD EA 4661 (Université de Franche-Comté), qui aura lieu du 16 au 18 novembre à Paris.

Avec près de sept millions d’exemplaires vendus et des traductions dans soixante langues, L’Étranger (1942), premier roman d’Albert Camus, est le best-seller absolu en format de poche en France, devant une autre œuvre mythique de la littérature française, Le Petit Prince (1943) d’Antoine de Saint Exupéry. Pour Sartre, L’Étranger de Camus était « le meilleur livre depuis l’armistice ». Dernièrement, plusieurs publications ont remis le roman au cœur de l’actualité : dans un ouvrage récent, Alice Kaplan (University of Chicago Press/Gallimard 2016), retrace étape par étape la gestation, l’écriture, la publication et la diffusion de ce livre qui, en dépit des innombrables commentaires dont il a été l’objet, garde sa part de mystère.
Les propositions de communication qui pourront se situer dans les domaines proprement linguistique mais aussi traductologique, porteront sur les sujets suivants :
– la traduction des divers « tiroirs verbaux » du roman (systèmes TAME), dans des langues typologiquement différentes ;
– toute étude sur la temporalité, la structure des phrases et le lexique, l’utilisation des circonstants temporels et aspectuels, dans la langue source ou dans les langues cibles ;
– dans une perspective plus littéraire, des interrogations sur la temporalité problématique, comme statique, du roman de Camus, qui concourt largement à l’étrangeté de sa forme narrative.
En cela, L’Étranger échappe au code romanesque traditionnel : comme le fait Sartre (1960), il convient de questionner sur le genre du texte, d’étudier en quoi Camus s’est inspiré de la « technique américaine ».
Il s’agira en somme d’éclairer à la fois la spécificité des formes TAME du français dans le roman, et de prendre la mesure de la diversité des systèmes TAME dans d’autres langues.

Les propositions de communication sont à soumettre via Sciencesconf.org, entre le 1er février 2017 et le 1er avril 2017, sur le site : https://etranger-tame.sciencesconf.org/

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Buenos Aires, les 30-31 août 2016,

Colloque « Albert Camus et le Siècle d’Or espagnol »

À l’occasion des célébrations autour de la figure de Cervantes (mort en 1616) et le siècle d’Or espagnol, la Société latino-américaine des Études Camusiennes propose de mettre en lumière le côté espagnol de Camus, par son origine maternelle et son affinité d’homme méditerranéen, qui se manifeste en particulier dans son admiration pour Cervantes et le Siècle d’Or.
Nous vous invitons à présenter des projets qui prennent en compte l’influence, chez Camus, des valeurs qui se manifestent dans les œuvres du Siècle d’Or : l’honneur, la vérité, la ténacité, un certain ascétisme, la joie de vivre, les contraires et les extrêmes, etc.
Nous cherchons à souligner l’attrait de Camus pour les formes et les caractéristiques du Théâtre du Siècle d’Or, telles qu’on les voit dans ses adaptations et surtout ses propres réalisations, spécialement en ce qui concerne la mise en scène.
Il s’agira de :
– montrer, dans les écrits de Camus, ce qui est en relation avec Don Quichotte
– rappeler que Camus, depuis sa jeunesse en Algérie, traduisit, adapta et mit en scène des œuvres du théâtre espagnol, en participant à la revue Rivages qui publiait des auteurs espagnols. Rappeler son amitié avec l’écrivain d’origine espagnole Emmanuel Roblès, sa collaboration avec Edmond Charlot à la librairie « Les Vraies Richesses ». En France, il adapta Le Chevalier d’Olmedo de Lope de Vega et La Dévotion à la croix de Calderón ; il projetait d’écrire un Don Juan. Ce n’est pas en vain que lui-même a dit : « Par le sang, l’Espagne est ma seconde patrie ».

Nous recevrons les propositions entre le 1er mars et le 30 mai 2016, et les travaux complets jusqu’au 30 juillet.
Nous demandons la présentation suivante :
Police : Times New Roman, en 12 dans les deux cas
Propositions : 200 mots maximum avec présentation de l’auteur : nom, adresse mail, CV minimum
Travaux : 10 pages en A4, espace 1,5
Envoyer à : inescassagne@uolsinectis.com.ar et camuslatinoamerica@gmail.com

Le colloque, avec le soutien de l’Institut des Sciences de l’Imaginaire (Académie des Sciences de Buenos Aires) se déroulera à l’Alliance Française de Buenos Aires, 946 av Cordoba.

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Journées d’études de Sfax, les 17 et 18 octobre 2016,

« L’écriture théâtrale dans les récits d’Albert Camus »

Université de Sfax – Faculté des Lettres et Sciences Humaines
Unité de Recherche en Littérature, Discours et Civilisation (URLDC)

« Bien qu’il ne figure pas dans la liste des « écrivains scéniques » patentés – Beckett, Vauthier, Genet –, Albert Camus est l’un des dramaturges à s’être plongés avec le plus de joie dans la réalité du monde du spectacle, scène et coulisses : auteur, adaptateur, acteur, metteur en scène, directeur de troupe et de festival, il est un homme-orchestre du théâtre », souligne Benoît Barut . Camus affirmait dans une interview qu’il avait une passion pour le théâtre et que c’est le seul lieu du monde où il se sentait heureux. Il exploitait même dans ses romans et nouvelles l’efficacité dramatique de la prise de parole directe des personnages, du temps et de l’espace scénique… Cette caractéristique de l’art camusien a retenu d’ailleurs l’attention de certains critiques. Pour Raymond Gay-Crosier, « [la théâtralité] de Camus se situe moins sur le plan dramatique que celui de la rhétorique ». Laurent Mailhot souligne la présence « d’un intertexte dramatique et tragique, des confrontations sur tous les plans, les difficultés de l’amour et du dialogue ». Mais ces caractéristiques tiennent-elles suffisamment compte de l’écriture théâtrale d’un romancier comme Albert Camus? Ses textes ne contiennent-ils pas en germe leur théâtralité et mettent en lumière leur « hybridité » ?
Le traitement de l’espace dans certaines nouvelles comme « Jonas », le discours des personnages comme le Renégat ou le prêche de Paneloux, l’univers axiologique de Clamence, le métadiscours qui s’apparente à une didascalie … sont autant de traces de l’appropriation du théâtre et de son insertion dans la trame du récit
Nous voulons nous interroger dans ces journées d’études sur la spécificité du discours théâtral de Camus dans ses récits. Nous pouvons nous demander si le mode de représentation mimétique est une force d’unification et d’homogénéisation des récits ou une force de déstabilisation et d’éclatement de l’univers romanesque. Pourquoi Camus éprouve-t-il le besoin d’emprunter au théâtre certains procédés qu’il exploite dans ses nouvelles et ses romans ? Quel est l’impact de l’écriture théâtrale sur le discours narratif et sur les lecteurs ? Le théâtral n’est-il pas la marque d’ironie du narrateur signalant la distance de Camus par rapport à ses personnages ?

Nous aimerions favoriser une approche poétique et stylistique. Nous proposerions quelques axes de réflexion à titre indicatif :
– Le discours théâtral et le discours narratif chez Camus
– Les manifestations du théâtral dans les textes narratifs de Camus.
– Stylistique du discours théâtral dans les récits de Camus
– Théâtralité et hybride dans les récits de Camus
– Espace, temps, théâtre et théâtralité

Comité scientifique : Guy Basset, Christiane Chaulet- Achour, Pierre Garrigues, Jeanyves Guérin, Martine Mathieu-Job, Hélène Rufat, Jean Sarocchi, Vincent Siano, Agnès Spiquel, Mustapha Trabelsi.
Comité d’organisation : Leila Euchi, Mariem Ahmed, Faycal Mezhoudi, Marwa Abid, Mouna Sassi, Lamia Riahi.

Les titres et résumés des communications, d’environ une demi-page, accompagnés d’une notice biographique sont à envoyer uniquement par voie électronique avant le 30 juin 2016 à :
laila.euchi@yahoo.com

Calendrier :
30 juin 2016 : Réception des propositions de communication
30 juillet 2016 : Notification aux auteurs
17-18 octobre 2016 : journées d’étude
juin 2017 : publication
Responsables : Laila Euchi et Mustapha Trabelsi

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Angers Les 20 et 21 octobre 2016
« Albert Camus et les vertiges du sacré »

Présentation :

En définissant le numineux par l’alliance de la terreur et du sens révérenciel du mystère[1], Rudolf Otto mettait l’accent sur l’ambivalence constitutive du sacré. Cette ambivalence se retrouve chez Camus : l’esprit de révolte réplique à l’idée d’un écrasement de l’homme par des forces qui le débordent, mais l’œuvre n’ignore pas la fascination de ce débordement, même si le discours qui l’accompagne le maintient résolument hors de la sphère du surnaturel. À première lecture, il semble que le rejet du sacré et de sa puissance d’écrasement se concentre dans la critique de l’esprit religieux et de ses transferts dans la sphère politique, tandis qu’une ivresse aux tonalités sacrées trouve pour terrain d’élection le chant de l’extase cosmique. La sacralisation du politique, autrement dit, susciterait une transcendance illusoire mais incarnée dans les figures bien réelles du césarisme et génératrice de dévouements aveugles et sanglants ; la sacralisation panthéiste des ivresses cosmiques cristalliserait en revanche les aspects bénéfiques d’une dilatation de l’être dans la lumière., qui participe de cette recherche constante de l’unité.
À bien y regarder cependant, la distinction entre un sacré pervers et un sacré dynamisant est plus complexe, contestant leur distribution en des sphères nettement délimitées. Camus n’ignore certes pas la grandeur ni la fécondité du don de soi, sacrificiel, à une cause et surtout à une communauté combattante, pas plus qu’il n’édulcore la violence brutale qui traverse l’accord aux forces cosmiques et les abandons euphoriques à la vie, l’ « affreuse et adorable vie » du Premier Homme. De surcroît, il semble que du sacré lui-même jaillisse le sens de la limite, le principe de mesure qui contrecarrent ses propres égarements : aux fureurs politiques et terroristes, la terreur révérencielle du sang versé oppose des interdits puissants, laissant entendre que la victoire de l’esprit de mesure est à chercher du côté d’un assainissement ou d’une réorientation du sens du sacré, plutôt que de son étouffement. Et il est assez visible que cette réorientation prend pour horizon un respect de l’homme qui attire de façon frappante le vocabulaire et les images du sacré lorsqu’il ose se nommer amour – dans l’approche, en particulier, du mystère douloureux de la figure maternelle. Au-delà (ou à cause) de cette figure tutélaire, chaque vie humaine semble revêtir un caractère sacré qui ne paraît pas négociable.
C’est donc l’articulation complexe et évolutive, au fil de l’œuvre, des représentations positives et négatives du sacré qu’il conviendra d’examiner.

PROGRAMME :

Jeudi 20 octobre :
Université d’Angers, Maison de la Recherche, amphi Germaine Tillion

10h-10h20
• Accueil, par Didier Boisson, Doyen de la Faculté de Lettres, Langues et Sciences humaines (Université d’Angers)
• Ouverture, par Élisabeth Pinto-Mathieu, Directrice du CERIEC (Université d’Angers)

Matin : La conscience du sacré
Séance présidée par Pierre-Louis Rey (Université de la Sorbonne nouvelle)

10h20-12h30

Laurent Bove (Université de Picardie Jules-Verne) :
« La différence du sacré ou la force de l’immanence chez Albert Camus »
Pierre Masson (Université de Nantes) :
« Camus, le sacre du silence »
François Vezin (Tours) :
« Qu’entend Albert Camus par « la Grèce de l’ombre » ? »
Carole Auroy (Université d’Angers) :
« Les textes narratifs brefs d’Albert Camus : expériences d’une mystique sauvage »

Après-midi : Poétique du sacré

Séance présidée par Hans Peter Lund (Université de Copenhague, Danemark)

14h-15h40
Guy Basset (Orléans) :
« Camus et les signes extérieurs du sacré »
Hervé Menou (Université d’Angers) :
« Albert Camus et la matérialité poétique du sacré »
Anne Prouteau (Université Catholique de l’Ouest) :
« Exégèse d’un exégète : le sacré chez Camus selon Claude Vigée »

16h00-17h00
Amphi Germaine Tillion
Sonia Chatzipetrou (Éditions Heridanos, Athènes)
« La perception mythique du sacré entre ivresse et mesure : Camus et la tragédie grecque »
Virginie Lupo (Université de Nice-Sophia Antipolis)
« La mise en scène du sacrifice ou la poétique de l’ascèse »

16h00-17h00 Salle Julien Gracq
Hélène Rufat (Université Pompeu Fabra de Barcelone, Espagne)
« Du « sacré mythe » au mythe sacré : Premier homme et Euphorion dans l’œuvre d’Albert Camus »
Messaoud Belhasseb (Université 8 mai 1945, Guelma, Algérie)
« Quête du sacré et exploration des vertiges intimes chez Albert Camus »

17h00-17h30

Amphi Germaine Tillion
• Alexis Lager (Lyon)
« Désert vivant ou l’obstination sacrée de la création »

Vendredi 21 octobre

Université Catholique de l’Ouest, amphi Bedouelle
9h-9h20
• Accueil, par Yannick Le Boulicaut, Doyen de la Faculté des Humanités (Université Catholique de l’Ouest)

Matin : Questions éthiques

Séance présidée par Hiroshi Mino (Vice-président de la Société des Études Camusiennes)

9h20-11h00

Marie-Thérèse Blondeau (Paris, Vice-présidente de la SEC) :
« L’insoutenable vertige du sacré dans La Peste »
Agnès Spiquel (Université de Valenciennes) :
« Les « éclats du sacré » dans le monde de la révolte »
Marylin Maeso (Université Paris-Sorbonne) :
« Albert Camus : le consentement révolté »

11h20-12h30 Salle (à préciser)
Raphael Luiz de Araujo (Université de São Paulo, Brésil)
« Le sens du sacré dans Le Mythe de Némésis »
Damien Darcis (Université de Mons, Belgique)
« Camus : la condition humaine ou le sens du sacré »

11h20-12h30 Amphi Bedouelle
Samantha Novello (Turin, Italie)
« Les enjeux de l’ »homme sacré » dans les essais philosophiques »
Rémi Larue (EHESS)
« L’Homme révolté ou la tentation de limiter la violence par le sacré »

Après-midi : Spiritualités croisées
Séance présidée par Laurent Bove (Université de Picardie Jules-Verne)

14h-15h40
• Giovanni Gaetani (Rome) :
« La conjonction impossible ? Le sens du sacré camusien au-delà de la fausse dichotomie athéisme-foi »
Hiroshi Mino (The Open University of Japan) :
« Sisyphe ou l’esprit du bushido – Camus et Shuzo Kuki »
Jean-Louis Meunier (Académie de Nîmes) :
« Albert Camus : de l’ascèse, pour la présence »
Séance présidée par Agnès Spiquel (Présidente de la Société des Études Camusiennes)

16h-17h10
Pascale Devette (Université d’Ottawa, Canada) :
« Le sacré chez Albert Camus en passant par Simone Weil : entre le vide et l’amour »
Linda Rasoamanana (Université de Mayotte) :
« Calvaires croisés : la mère camusienne et ses frères en Jésus-Christ, Mychkine et Bartleby »

17h15-17h30 Clôture du colloque

COMITE SCIENTIFIQUE :
• Antoine Garapon, Magistrat, Secrétaire général de I’Institut des Hautes Études sur la Justice.
• Raymond Gay-Crosier, Professeur émérite de Littérature française (University of Florida, États-Unis).
• Hiroshi Mino, Professeur de Littérature française (Faculté des Lettres de l’Université de Nara-joshi, Japon), Vice-Président de la Société des Études Camusiennes.
• Pierre-Louis Rey, Professeur émérite de Littérature française (Université Paris3-Sorbonne nouvelle).
• Alain Schaffner, Professeur de Littérature française (Université Paris3-Sorbonne nouvelle).
• Agnès Spiquel, Professeur émérite de Littérature française (Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis), Présidente de la Société des Études Camusiennes.

ORGANISATRICES :
Carole AUROY, Professeur de littérature française à l’université d’Angers
Anne PROUTEAU, Maître de conférences à l’Université catholique de l’ouest (Angers)

Merci d’envoyer votre proposition de communication avant le 30 mars 2016 aux adresses suivantes :
carole.auroy@univ-angers.fr
anne.prouteau@uco.fr

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Paris, Université Sorbonne Nouvelle, Appel à contribution

Pour un colloque international : « Figures et figurations des terroristes : enjeux postcoloniaux » les 23 et 24 Mars 2017

Organisateurs : Elara Bertho, Catherine Brun, Xavier Garnier

Date limite d’envoi des propositions : jeudi 30 juin 2016

L’ère du terrorisme global dans laquelle nous sommes entrés a mis en scène de redoutables figures publiques dont le potentiel de fascination reste à interroger. Les T-shirts à l’effigie de Ben Laden se portaient très couramment en Afrique subsaharienne dans les années 2000, après les événements du 11 septembre, comme si la charge sulfureuse de ce personnage avait été aussitôt assimilée et neutralisée par le corps social. Cette nouvelle configuration des réseaux d’appartenances à l’échelle mondiale autour des actes terroristes n’est sans doute pas étrangère aux enjeux potscoloniaux du monde contemporain et à la façon dont les logiques impériales perturbent les identités et les jeux d’identifications. Nous proposons d’interroger dans ce colloque la pertinence de la dimension potscoloniale du terrorisme mondialisé.

Dans Les Bannières de la révolte, l’historien Benedict Anderson montre comment la résistance des colonisés à la fin du XIXe a pu faire corps avec l’anarchisme européen et ses modes opératoires. L’Agent secret [1906] de Joseph Conrad a souvent été lu à l’aune de la crise que traverse l’empire colonial britannique au tournant du siècle. La préface de Sartre aux Damnés de la terre de Frantz Fanon a durablement orienté une lecture de cet ouvrage, et en particulier les chapitres sur la violence, dans le sens d’une apologie du terrorisme. Enfin, on pourrait multiplier les exemples d’auteurs issus aussi bien de ce qu’Achille Mbembe appelle la postcolonie, que des anciennes puissances coloniales, posant directement la question du terrorisme dans leurs œuvres. Comment interroger la figure du terroriste dans l’histoire coloniale et postcoloniale ? Quels usages sont faits d’une telle figure ? Pour servir quels états d’urgence ? Comment traite-t-on cette menace absolue, potentiellement dissimulée sous les traits du colonisé ou du migrant, depuis les conquêtes coloniales jusqu’à nos jours ? Le fait-on de la même façon ici et là ?

Parce que la controverse, notamment juridique, sur la définition du terrorisme reste ouverte, et que l’accusation de terrorisme est toujours réversible, la question des modalités de figuration du terroriste est importante. La lecture des textes littéraires est susceptible de nous aider à comprendre ces processus, qui semblent échapper aux définitions traditionnelles du personnage. Tout se passe comme si la « terreur » que provoquent les actes terroristes communiquait une énergie noire à ces figures, qui se réclament d’elle et y trouve leur tension. Comment dire ces figures spectrales, nées d’un acte de terreur, qui hantent les textes et les imaginaires ? Comment les fictions peuvent-elles mettre en mots le devenir-terroriste d’un personnage ? Quels pouvoirs imageants sont conférés à ces figures de terroristes, dont les noms inquiètent autant qu’ils fascinent ? Quelle(s) voix leur prête-t-on ? Quelle énergie cette fascination mortifère met-elle en jeu ? Si, comme on le dit souvent, la radicalisation précède la conversion idéologique, la figure du terroriste n’est-elle pas un élément-clé de cette opération ?

Parce que le monde postcolonial est un champ de forces toujours instable, le corpus littéraire qui s’y rattache abonde en personnages radicaux, nourris de violence, dont la configuration textuelle n’est pas étrangère aux représentations médiatiques de la figure du terroriste. L’analyse littéraire des processus de figuration du terroriste est un enjeu politique important du monde contemporain, notamment pour éviter que ne prospèrent dans les médias de masse les instrumentalisations abusives.

Les propositions de communication (titre, résumé de 400 mots environ) accompagnées d’un court CV sont à adresser au plus tard le 30 juin 2016, aux adresses suivantes:
catherine.brun@univ-­‐paris3.fr,
elara.bertho@gmail.com,
xavier.garnier@wanadoo.fr.

Comité scientifique : Catherine Coquio (Paris Diderot), Dominique Combe (Ens Ulm), Jane Hiddleston (Oxford University), François Zabbal (Institut du Monde Arabe)

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Paris, Collège d’Espagne de la Cité Universitaire, les 5 et 6 février 2016,

Colloque international « Le théâtre d’Albert Camus et le Siècle d’Or »

Organisé par Vincenzo Mazza, Université Paris Ouest-Nanterre, en collaboration avec la Société des Études Camusiennes, avec Histoire des Arts et Représentations (HAR) et avec le Laboratoire « Études Sur le Théâtre » (EST)

NOTE D’INTENTION

Dans notre Europe de cendres, Lope de Vega et le théâtre espagnol peuvent apporter aujourd’hui leur lumière, leur insolite jeunesse, nous aider à retrouver sur nos scènes l’esprit de grandeur pour servir enfin l’avenir véritable de notre théâtre.
Albert Camus, Le Chevalier d’Olmedo, Avant-propos

La fascination exercée sur Albert Camus par les formes théâtrales de l’Espagne du Siècle d’or ne s’observe pas seulement à travers ses adaptations de La Dévotion à la croix de Calderón ou du Chevalier d’Olmedo de Lope. Elle se manifeste aussi dans de nombreux écrits, qu’il s’agisse de conférences, de préfaces ou d’entretiens.
Le colloque pluridisciplinaire « Le Théâtre d’Albert Camus et le Siècle d’or » vise à faire avancer la réflexion sur Camus en tant qu’homme de théâtre. Ce colloque a été conçu d’une part pour les spécialistes de l’auteur de L’État de siège – un spectacle qui a été, entre autres, une tentative de faire revivre les autos sacramentales – comme une occasion de se pencher sur les sources espagnoles de Camus, d’autre part, les spécialistes du théâtre espagnol du XVIIe siècle, sont invités à mettre à jour nos connaissances des auteurs, de la dramaturgie et des pratiques théâtrales du Siècle d’or. Le dialogue que l’on se propose de favoriser entre études littéraires et études théâtrales, en passant par le théâtre de Camus, réexaminera l’influence du Siècle d’or espagnol sur le théâtre français, tant du point de vue de l’écriture dramatique que de celui de la pratique scénique.

Comité scientifique :
Fausta Antonucci (Université Roma Tre) ; Christian Biet (Université Paris Ouest-Nanterre) ; Jean Canavaggio (Université Paris Ouest-Nanterre) ; Dann Cazes (Université Iberoamericana Mexico) ; Juan-Carlos Garrot Zambrana (Université François-Rabelais) ; Vincenzo Mazza (Université Paris Ouest-Nanterre) ; Pierre-Louis Rey (Université Sorbonne-Nouvelle) ; Hélène Rufat (Université Pompeu Fabra) ; Agnès Spiquel (Université de Valenciennes) ; David Walker (Université de Sheffield)

Programme :

Vendredi 5 février
(Colegio de España, salle Louis Buñuel)

8 h 15 : Accueil des participants

9 h 15 : Ouverture

9 h 30 : Conférence plénière
Jean Canavaggio (Université Paris Ouest-Nanterre), « Camus traducteur de Calderón : La Dévotion à la croix »

10h30 Pause

10 h 45 :
Pierre-Louis Rey(Université Sorbonne-Nouvelle), « La Dévotion à la croix est-elle une pièce camusienne ? »
Adrián J. Sáez (Université de Neuchâtel), « Le bonheur de la tragédie : remarques sur La Dévotion à la croix »
Françoise Decroisette (Université Paris 8), discutante

12 h 15 :
Anke Charton (Université de Vienne), « Le mot et la mort – Camus et les autres théâtres du Siècle d’Or » (conférence en anglais)

13h Pause déjeuner

14 h 30 :
Christian Biet (Université Paris Ouest-Nanterre), « Contrepoints ibériques. Voyageurs portugais, gentilshommes espagnols et fous sévillans au début du XVIIe siècle français »

15 h 15 :
Anne Prouteau(Université catholique de l’Ouest), présidente de séance
Hélène Rufat (Université Pompeu Fabra), « Vers l’Espagne scintillante d’Albert Camus »
Yves Germain (Université Paris-Sorbonne), « Échos de l’auto sacramental caldéronien dans L’État de siège »

16h30 Pause

16 h 45 :
Juan Carlos Garrot Zambrana Université François-Rabelais), président de séance
Virginie Lupo (Université Nice-Sophia Antipolis), « Le désir dans le théâtre de Camus : héritage du Siècle d’Or ? »
Marie Sorel (Université Sorbonne-Nouvelle), « Montherlant et Camus face au théâtre espagnol du Siècle d’Or : deux sens de l’honneur et de la grandeur »

Samedi 6 février (Colegio de España, salle Louis Buñuel)

10 h 00 :
Christophe Couderc (Université Paris Ouest-Nanterre), « Le Chevalier d’Olmedo de Lope de Vega, espace dramatique et espace scénique »
Vincenzo Mazza (Université Paris Ouest-Nanterre), « Camus au 6e Festival d’art dramatique d’Angers. La mise en scène du Chevalier d’Olmedo. »
Eugène Kouchkine (Université de Picardie), discutant

11h30 Pause

11 h 45 :
Florence d’Artois (Université Paris-Sorbonne), « « Début éclatant. Assombrissement progressif ». Camus face à la mélancolie tragique du Caballero de Olmedo »
David Walker (Université de Sheffield), « Camus et tragédie d’amour dans Le Chevalier d’Olmedo »
Laura Naudeix (Université Rennes 2), discutante

13h15 Pause déjeuner

14 h 45 :
Simona Montini (Cité Internationale Universitaire de Paris), « La Dévotion à la croix selon André Antoine »
Laurette Burgholzer (Université de Vienne), « La passion espagnole. Charles Dullin à la recherche d’un théâtre « plus dépouillé, moins livresque » »
Quentin Rioual (Université Paris Ouest-Nanterre), discutant

16 h 15 :
Alexandre Roquain (Université du Maine), président de séance
Juan Carlos Garrot Zambrana (Université François-Rabelais), « L’auto sacramental : survivance d’un genre mort depuis des siècles »
Marie-Thérèse Blondeau (Vice-Présidente de la SEC), « Don Juan ou le démon de l’immanence »

17 h 30 : Pot de clôture

Adresse : Colegio de España, 7E, bd Jourdan 75014 Paris
RER B Cité Universitaire, T3 Cité Universitaire, Bus 21, Bus 67

Informations : www.etudes-sur-le-theatre.fr
Renseignements : camus.siglodeoro@gmail.com

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BNF Bibliothèque de l’Arsenal
Mercredi 14 octobre 2015 de 14h à 18h

Colloque : Edmond Charlot au coeur de l’édition 1936-1950

En 1936, Edmond Charlot (1915-2004), soutenu par son professeur de philosophie Jean Grenier, ouvre en plein coeur d’Alger une librairie, « Les Vraies Richesses », qui publie notamment les premières oeuvres d’Albert Camus et prend immédiatement place dans la vie littéraire et culturelle algéroise. Le débarquement allié du 8 novembre 1942 favorise l’essor des éditions Charlot, qui étendent leur champ de publication aux auteurs de la France combattante puis à la littérature méditerranéenne. À la Libération, la maison d’édition tente l’aventure parisienne, tout en maintenant son siège social à Alger. Elle s’ouvre alors aux plus grands noms de la littérature internationale et aux jeunes auteurs français. Après une percée spectaculaire, elle disparaît à la fin des années 1940, affaiblie par des difficultés économiques et par Edmond Charlot au coeur de l’édition 1936-1950
la forte concurrence qui divise l’édition française au lendemain de la guerre. Edmond Charlot poursuit alors ses activités de libraire-éditeur sous d’autres horizons, et joue un rôle de médiateur culturel aussi bien dans le monde de la radio que dans celui de la coopération.
Ce colloque vise à montrer le contexte historique dans lequel est née cette maison d’édition, à mettre l’accent sur son développement et sur les hommes, auteurs et administrateurs, qui l’ont permis, à souligner enfin l’originalité et les innovations des éditions Charlot dont les ouvrages sont aujourd’hui recherchés par les bibliophiles. Il veut également illustrer la diversité des engagements d’Edmond Charlot, au service de la littérature, de l’information et de la culture.
Le comité du Centenaire Edmond Charlot et la Bibliothèque nationale de France s’associent pour lui rendre hommage à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance, inscrit au rang des commémorations nationales de l’année 2015.
Une présentation sous vitrines des éditions Charlot sera proposée à partir de 13 h.

Programme :

– 14h Discours inaugural
Guy Dugas, professeur à l’Institut de Recherche Intersite en Etudes Culturelles, Montpellier 3

– 14h30-15h30 Edmond Charlot, un éditeur engagé
Présidence de séance : Florence Codet, BnF
Le début de l’aventure : « Les Vraies Richesses » et les éditions Charlot (1936-1939)
Agnès Spiquel, professeur émérite à l’Université de Valenciennes et présidente de la Société des Etudes Camusiennes
Guy Basset, membre du Comité du Centenaire Edmond Charlot, fondateur de la revue Présence d’Albert Camus

15h30 Questions et pause

– 16h L’aventure parisienne des éditions Charlot à la Libération : contexte général, spécificité et originalité des éditions Charlot
Présidence de séance : Florence Codet, BnF
Jean-Yves Mollier, professeur d’histoire contemporaine, Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

– 16h40 – 18h Table ronde : Edmond Charlot, au service de l’édition, de l’art et de la culture (1960-2004)
Modération : Guy Basset, ancien professeur au Centre culturel d’Izmir
Avec la participation de :
– Pierre Wiehn, ancien directeur de France Inter et de la programmation d’Antenne 2
– André Lemas, ancien rédacteur en chef de France Inter
– Héliette Paris, poétesse dans la collection « Méditerranée vivante »
– Jean-Charles Domens, éditeur de la collection « Méditerranée vivante » à Pézenas

Entrée gratuite sur réservation
Inscription au 01 53 79 49 49 ou visites@bnf.fr

Bibliothèque de l’Arsenal, 1, rue de Sully – Paris 4e

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COLLOQUE INTERNATIONAL « CAMUS ET FAULKNER – ÉCRITURE ET MODERNITÉ »
Université d’Aarhus, les 29 et 30 mai 2015
Organisé par Hans Peter Lund de la Société des Études Camusiennes et Steen Bille Jørgensen Université d’Aarhus – Groupe de recherche en Modernité et Transfert Culturel

PROGRAMME
Vendredi 29 mai,
à Konferececenter, mødelokale 2
Présidente de séance : Agnès Spiquel
9h30 Steen Bille Jørgensen
Mot de bienvenue
Hans Peter Lund
Introduction
Eugène Kouchkine
« Faulkner et Camus face à Dostoiëvski: Pourquoi souffrir? »
Pierre-Louis Rey
« « Obscur à soi-même », obscur au lecteur ? Le roman américain, Faulkner et Camus. »
Hans Peter Lund
« Paraboles de guerre : A Fable (Parabole) entre La Peste et La Route des Flandres. »

14h30 Président de séance : Pierre-Louis Rey
Virginie Lupo
« Requiem pour une nonne, de Camus : Adaptation, variation ou hommage à Faulkner ? »
Philippe Forest
« Poétique du deuil, politique du deuil: Requiem pour une nonne et Les Justes. »
Brigitte Sändig
« La tragédie et la psychologie – Camus devant le roman de Faulkner Requiem for a nun

Samedi 30 mai,
à Nobelparken, Nobelsalen (1485, 123)
Président de séance : Hans Peter Lund
9h30 Clotilde Coquet
« Lyrisme – paysage et nature chez Faulkner et Camus »
Christiane Prioult
« William Faulkner et Albert Camus : Modernité et questionnement sur l’humain. »
Vincenzo Mazza
« William Faulkner au croisement de deux hommes de théâtre : Albert Camus et Jean-Louis Barrault »
12h30 Clôture

Contact / Inscription: Steen Bille Jørgensen, romsbj@dac.au.dk

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