Colloque « Le sourire de Camus »

Sous l’égide de la Société des Études Camusiennes, un colloque sur ‘Le sourire de Camus’ se tiendra à L’Institut Américain Universitaire (IAU), à Aix en Provence, du jeudi 9 novembre au samedi 11 novembre 2017.

Le rire de Camus ne retentit plus que dans la mémoire de ceux qui l’ont connu. Pour les autres, c’est le sourire qui ressort des photographies. Mais le sourire peut être une énigme : que signifient au fait ce plissement des yeux, les lèvres qui s’incurvent, peut-être sans révéler les dents, les joues qui se rehaussent légèrement… Un sourire peut être moqueur, amer, amusé, narquois, affectueux, sceptique…

Les biographes s’accordent pour affirmer que l’homme aimait les blagues et prisait la joie. Par quels moyens l’écrivain fait-il pressentir le sourire dans ses textes? Comment s’y prend-il pour le provoquer chez le lecteur, devenu miroir du visage hilare ou ironique? L’écriture recourt à une panoplie de techniques stylistiques selon le genre et le contexte : on parle alors de comédie, de satire ou de parodie, de plaisanterie, d’épigramme, de mot d’esprit… L’auteur de romans, de pièces de théâtre, d’essais philosophiques et lyriques, de reportages, d’éditoriaux et de lettres tant ouvertes qu’intimes, sait l’art de doser l’humour et la drôlerie par l’intermédiaire des mots, des gestes, des situations, de la perspective narrative.

Comment se fait-il qu’un auteur dont l’absurde sert de point de départ, ait dû signaler que les critiques avaient négligé l’aspect comique de son œuvre ? Le travail de ce colloque consistera à faire ressortir et à ré-évaluer les aspects humoristiques de l’œuvre camusienne. Ce faisant, nous arriverons peut-être à retracer le parcours intellectuel qui, fondé sur le sentiment de l’absurde, tient à dépasser la dérision « qui ne peut être qu’une étape », afin d’aboutir à une appréciation du Comique proprement dit, acolyte souriant de la déesse Némésis et ‘pierre de touche de la civilisation’ (George Meredith).

Programme :

Mercredi 8 novembre, 18h30-20h30 : Lever de rideau : « Soirée-sourire avec Camus / Smile awhile with Camus », avec Vincent Siano et David Walker.
Lectures d’extraits de textes, en français et en anglais.

Jeudi 9 novembre

10h-12h Introduction
David H. WALKER (Université de Sheffield / IAU), « Les sourires de Camus ».
Samara GESKE (Université de São Paulo), « Le sourire sur les lèvres désespérées : le comique et le tragique chez Albert Camus ».

13h30-15h30
Virginie LUPO (Lyon), « Le rire dans le théâtre de Camus ou le rire en clair-obscur ».
Vincenzo MAZZA, (Université Paris Ouest-Nanterre) « L’État de siège : spectacle aristophanesque ou « salade grouillante » ? »
Hélène RUFAT (Université Pompeu Fabra Barcelone) « Avec L’État de siège, l’humour camusien dans tous ses états ».

16h00-17h30
Guy BASSET (Orléans / Université Sorbonne nouvelle-Paris III), « Fleurs de sourires dans la proximité de Camus ».
P.-L. REY (Université Sorbonne nouvelle), « Le « sourire franciscain » de Pastèque. Humour algérois ».

Vendredi 10 novembre

10h-11h30
Marie BRÉJON (Master, Paris 3), « L’Ironie chez Camus journaliste dans ses articles d’Alger républicain et du Soir républicain du 6 octobre 1938 au 1er janvier 1940″.
Théodore CAPONIS (Politiste, Corbel Consulting), « Albert Camus, George Orwell et la dérision du langage obscur ».

12h00-13h30
Arnaud DERCELLES et Rémi BAUDOUÏ (Université de Genève / Fondation Le Corbusier), « Les écrits politiques de Camus : quand le sourire s’estompe ».
Giovanni GAETANI (Université de Rome Tor Vergata), « « Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher ». L’ironie philosophique d’Albert Camus entre Le Mythe de Sisyphe et L’Impromptu des philosophes».

14h30-16h00
Agnès SPIQUEL(Présidente de la SEC ; Université de Valenciennes), « Le sourire du monde ».
Inés DE CASSAGNE (Alliance Française de Buenos Aires), « Le sourire d’accueil dans les lettres ».

16h30–18h00
Martin RODAN (Université Hébraïque de Jérusalem), « La Tchécoslovaquie, pays du rire mal-entendu ».
Anissa MANAI-ZAYAR (Institut Supérieur des Sciences Humaines, Tunis), « Le « rire-sourire » chez Camus ».

• Samedi 11 novembre,

10h00-11h30
Linda RASOAMANANA (Université de Mayotte), « Un homme, ça s’empêche de faire des mines mais ça peut sourire : typologie des sourires masculins dans les récits de Camus ».
Peter DUNWOODIE (Goldsmith Université de Londres), « Je(u) masqué: Humour et auto-ironie chez Camus ».

12h00-13h30
Mustapha TRABELSI (Université de Sfax, Tunisie), « Enjeux éthique et esthétique du sourire ironique dans les textes brefs d’Albert Camus ».
Lamia OUCHERIF (ENS de Bouzaréah, Alger), « L’Étranger d’Albert Camus, le sourire sur le front : un effet du grotesque »

Fin du colloque

Renseignements complémentaires : David.Walker@sheffield.ac.uk

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APPEL À COMMUNICATIONS 1 Février 2017 – 1 Avril 2017

Appel à communications pour le colloque « Autour de L’Étranger de Camus et de ses traductions », coorganisé par les équipes PRISMES-SESYLIA EA 4398 (Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle), CRLAO UMR 8563 (INALCO) et ELLIADD EA 4661 (Université de Franche-Comté), qui aura lieu du 16 au 18 novembre à Paris.

Avec près de sept millions d’exemplaires vendus et des traductions dans soixante langues, L’Étranger (1942), premier roman d’Albert Camus, est le best-seller absolu en format de poche en France, devant une autre œuvre mythique de la littérature française, Le Petit Prince (1943) d’Antoine de Saint Exupéry. Pour Sartre, L’Étranger de Camus était « le meilleur livre depuis l’armistice ». Dernièrement, plusieurs publications ont remis le roman au cœur de l’actualité : dans un ouvrage récent, Alice Kaplan (University of Chicago Press/Gallimard 2016), retrace étape par étape la gestation, l’écriture, la publication et la diffusion de ce livre qui, en dépit des innombrables commentaires dont il a été l’objet, garde sa part de mystère.
Les propositions de communication qui pourront se situer dans les domaines proprement linguistique mais aussi traductologique, porteront sur les sujets suivants :
– la traduction des divers « tiroirs verbaux » du roman (systèmes TAME), dans des langues typologiquement différentes ;
– toute étude sur la temporalité, la structure des phrases et le lexique, l’utilisation des circonstants temporels et aspectuels, dans la langue source ou dans les langues cibles ;
– dans une perspective plus littéraire, des interrogations sur la temporalité problématique, comme statique, du roman de Camus, qui concourt largement à l’étrangeté de sa forme narrative.
En cela, L’Étranger échappe au code romanesque traditionnel : comme le fait Sartre (1960), il convient de questionner sur le genre du texte, d’étudier en quoi Camus s’est inspiré de la « technique américaine ».
Il s’agira en somme d’éclairer à la fois la spécificité des formes TAME du français dans le roman, et de prendre la mesure de la diversité des systèmes TAME dans d’autres langues.

Les propositions de communication sont à soumettre via Sciencesconf.org, entre le 1er février 2017 et le 1er avril 2017, sur le site : https://etranger-tame.sciencesconf.org/

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